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L ‘école du dehors pour les enfants, vous connaissez ?

L ‘école du dehors pour les enfants, vous connaissez ?

 

«C’est dans la vie sauvage que réside la sauvegarde du monde»

Henry
David THOREAU, philosophe et naturaliste américain

 

Ecole du dehors
«Marielou»
à
Saint-Vaast en Belgique

«L’Ecole du dehors» consiste à enseigner aux enfants toutes les disciplines des classes dites «classiques» avec un objectif supplémentaire lié à la nature, le travail s’effectuant dans et avec la nature au moins 3 matinées par semaine (de retour à l’intérieur, le lien est établi avec ce qui a été découvert et appris dehors). Ses bénéfices sont nombreux : développement de l’imagination et de la créativité ainsi que de la confiance en soi grâce à la découverte de ses propres capacités (y compris
physiques), apprentissage social accru (entraide, partage, respect mutuel), autonomie et développement cognitif favorisés, déploiement de l’intelligence naturaliste afin d’amplifier les autres formes d’intelligence, renforcement du système immunitaire, sensibilisation écologique et environnementale … Institutrice en maternelle depuis 30 ans,
Marie-Laurence JADOT enseigne en extérieur depuis 7 ans à des enfants âgés de 2 ans ½ à 6 ans. En 2009, elle participe à un stage hivernal d’«école du dehors» avec Sarah Wauquiez et en 2012, elle ouvre une «école du dehors» au sein de sa propre école. Après avoir découvert la méthode Métanature à travers l’ouvrage «Ces jardins qui nous aident» de J.L. CHAVANIS et obtenu la certification afférente, M.L. JADOT l’a adaptée au public spécifique des enfants et intégrée naturellement à «l’école du dehors» : elle l’utilise afin d’aider les enfants en prise avec leurs émotions à mettre des mots sur ce qui les tracasse grâce aux métaphores fournies par la nature et la météorologie et prendre ainsi du recul au lieu d’être submergés. Là aussi, les bénéfices ne sont pas négligeables : accueil des émotions et travail sur elles, multisensorialité, respect de la nature grâce aux liens émotionnels et affectifs tissés avec elle … Les enfants se sentent tellement plus vivants lorsqu’ils sont acceptés tels qu’ils sont, et surtout quand ils peuvent être acteurs de leur vie. L’alliance entre «L’Ecole du dehors» et la méthode Métanature leur propose un chemin pour y voir plus clair et pour trouver leurs propres solutions, aussi originales qu’elles puissent être !

 

Deux exemples d’accompagnement d’enfants par Marie-Laurence JADOT avec la méthodemétaNATURE ®

Ou la nature comme cadre de guérison, comme appui pour se soulager du pire …

 

Adrien, qui a intégré «l’Ecole du dehors» à 2ans ½, a maintenant 5 ans. Depuis plusieurs jours, il est en colère et répond lorsque les institutrices le reprennent. Au moment des «jeux libres», Adrien creuse systématiquement le même trou et interdit formellement à ses camarades d’y jouer.
Malgré cela, certains veulent sauter dedans et cela le met dans une telle colère qu’il fait appel à l’enseignante … Après une brève discussion avec lui, constatant sa détresse mêlée d’un sentiment d’injustice que les mots ne peuvent apaiser, elle décide de sortir la méthode Métanature de sa «boîte à outils» : elle emmène Adrien près de son trou (ce dernier est vraiment profond, alors que l’enfant ne dispose que d’un bâton pointu pour creuser … Impressionnant !) Elle félicite Adrien pour le travail ardu qu’il est parvenu à réaliser tout seul et lui demande ce que ce trou représente pour lui (il a repris son bâton et creuse de plus belle, toujours avec cette colère qui l’anime depuis plusieurs jours).

Adrien explique alors à l’institutrice qu’il s’agit d’un piège à «méchants» (c’est ainsi qu’il désigne les personnes venues, 3 ans auparavant, vandaliser le lieu où se déroule l’école du dehors). L’enseignante revient sur les raisons de sa colère : Adrien répond qu’il ne supporte pas la présence des autres enfants dans son trou. Elle s’engage donc à veiller à ce que ce comportement ne se reproduise pas et lui demande ensuite quelle activité le rendrait heureux dans cet endroit, ce qu’il aurait envie de faire, ce qui le calmerait, lui donnerait du plaisir … «Grimper aux arbres !» s’écrie Adrien : aussitôt dit, aussitôt fait ! Et Adrien s’apaise en jouant seul sur l’arbre à grimpeurs …

Lors d’un échange ultérieur avec la maman d’Adrien, l’institutrice comprend que toute la famille souffre : la grand-mère maternelle de l’enfant est morte récemment et la maman d’Adrien a beaucoup de difficultés à s’en remettre. Le trou a donc toute sa place dans ces évènements, une véritable signification et un rôle à jouer dans l’expression de la colère d’Adrien : il correspond peut-être à celui où sa grand-mère a été enterrée, ou alors à la profondeur de sa tristesse,
ou bien encore à son ressentiment face à cette perte injustifiée (pourquoi meurt-on ? Où est ma grand-mère ?) Les «méchants» sont-ils ceux venus chercher cette dernière ? L’enseignante n’incite pas Adrien à faire le lien entre le trou et le décès de sa grand-mère …

La semaine suivante, Adrien reprend ses travaux autour du trou avec toujours pour interdiction aux autres d’y venir. L’institutrice lui propose alors d’imaginer une solution pour que le trou reste le sien mais que les autres enfants puissent quand même venir y jouer : Adrien réfléchit et propose de le transformer en rivière avec une planche par-dessus pour faire un pont sur lequel les enfants pourront passer un par un …
Tout le monde le félicite pour son idée et Adrien retrouve le sourire ! Quelques séances plus tard, l’enfant ne joue plus autour de son trou : il est passé à autre chose …

 

Adrien a pu évacuer sa souffrance grâce à la nature, aux métaphores qu’il est possible de trouver dans celle-ci et à l’élaboration psychique qu’elle peut parfois impulser : le fait d’être en mouvement dehors et non pas à l’intérieur assis sur une chaise lui a permis d’être avec ses émotions du moment sans que cela perturbe le groupe … L’enseignante lui a laissé le temps de creuser et de creuser encore jusqu’à ce que sa colère laisse place au jeu et à l’envie de transformer ce trou en une rivière que l’on pouvait traverser …

 

Côme est en colère, il répond avec agressivité. L’institutrice lui suggère donc d’aller
se calmer sur un banc éloigné du groupe. Dix minutes plus tard il revient tout sourire vers elle : il a dans sa main un petit cloporte. Son visage est
ouvert et l’enseignante lui propose alors d’échanger sur sa colère … Elle commence par lui demander quel est l’endroit qu’il préfère autour de lui et Côme répond : «Ici, le banc avec la table et le tronc qui fait dossier», puis elle explore son ressenti lorsqu’il se trouve à cet endroit : il se dit heureux, bien assis avec le dos appuyé sur l’arbre … Elle revient sur les raisons de sa colère et Côme répond que les autres l’énervent :
l’institutrice lui propose alors de trouver un élément autour de lui qui pourrait ressembler à sa colère … Il réfléchit et désigne un arbre cassé près
du bar à oiseaux. A l’enseignante qui lui demande ensuite ce qui, dans la nature, pourrait l’aider à quitter cette colère, Côme répond : «Lancer des bâtons très loin et très fort, comme ça !» Puis il ramasse quelques bâtons et les lance de toutes ses forces …

 

L’institutrice cherche alors des bâtons à lancer avec lui : elle accompagne ses lancers de petits cris et très vite Côme l’imite … Puis elle vérifie : «As-tu lancé toute ta colère ?» Côme la regarde en souriant et dit que non, il lui reste encore de la colère : ils continuent donc leurs lancers de bâtons, jusqu’à ce que Côme dise «STOP». L’enseignante lui propose alors de rejoindre le groupe et de poursuivre la matinée …

 

Oser dire qu’il est en colère ou triste peut signifier pour un enfant déclencher chez l’adulte une vive réaction : il s’abstient donc afin de ne pas avoir à gérer les émotions de ce dernier en plus des siennes … Le travail sur les métaphores aide à mettre les émotions à distance : la méthode Métanature peut donc être utilisée avec profit de façon individuelle ou adaptée au groupe (lorsqu’on est certain que l’émotion est commune à tous les enfants et non pas seulement à quelques agitateurs). On peut s’appuyer sur elle lors de moments cruciaux : pour débloquer une situation, faciliter l’expression d’un ressenti, dénouer un conflit … La nature produit un travail d’apaisement remarquable sur les enfants, les enseignants et même les parents : il suffit de les voir discuter, échanger sous les arbres pour s’en convaincre !

   

 
Contacts
Ecole du dehors à Saint-Vaast en Belgique
Marie-Laurence JADOT
12, rue Rivière
7120 Estinnes-au-Mont
Belgique
Tél. : 0479/933 125

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